17 novembre 2012 En Colombie, des milliers de femmes ont été déplacées et violées à cause du conflit armé

17 novembre 2012

En Colombie, des milliers de femmes ont été déplacées et violées à cause du conflit armé

Le conflit armé a provoqué d’immenses déplacements de population en Colombie. Selon des estimations officielles, on compte 4,6 millions de personnes déplacées, certaines d’entre elles réfugiées en Equateur.

Il s’agit d’habitants des régions rurales touchées par les violences des guérillas d’extrême gauche, des milices paramilitaires d’extrême droite et par les exactions des forces de sécurité (armée ou police). 70 % des victimes des déplacements forcés sont des femmes ou des enfants.

« Pour de nombreuses femmes et filles déplacées, cette épreuve est aggravée par le traumatisme résultant de viols ou de violences conjugales », note Amanda Klasing, chercheuse à la division des droits des femmes de l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW). « Malgré l'adoption ces dernières années de bonnes lois et de bonnes politiques, ces victimes ont toujours d'énormes difficultés à obtenir les soins médicaux auxquels elles ont droit. Et il est rare que leurs agresseurs soient traduits en justice. »

HRW vient de publier un rapport d’une centaine de pages sur les personnes déplacées victimes de violences sexistes en Colombie.

Un rappel utile, alors que le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche) entament des négociations de paix à La Havane, lundi 19 novembre.

Aucune paix durable ne saurait être envisagée sans justice et réparation pour les victimes. Et la première étape consiste à répondre à l’exigence de vérité. Les acteurs du conflit doivent répondre à la clameur des victimes.

Selon HRW, les violences faites aux femmes déplacées sont bien plus nombreuses que celles relevées dans l’ensemble de la population colombienne. Selon une étude officielle, 48 % des femmes déplacées ont subi des agressions au sein de leur couple, tandis que 9 % ont été violées par une personne autre que leur partenaire.

Du fait de leur déracinement et de leur pauvreté, ces femmes sont particulièrement vulnérables. « Quand les violeurs sont impunis pour leurs crimes, cela a pour effet non seulement de discréditer les lois colombiennes sur les violences sexuelles, mais aussi d'encourager les agresseurs à commettre de nouveaux viols », souligne Amanda Klasing.

Le Monde  Blog de Paulo A. Paranagua journaliste au Monde

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